Telle est la définition et certainement la réalité du 16ème salon Millésime bio, qui vient de fermer ses portes à Montpellier.
Il faut dire qu’avec ses quelques milliers de mètres carrés, le parc des expositions peut « loger » du monde.
Tant les vignerons exposant que les visiteurs professionnels. Car ce salon est réservé aux professionnels du vin,
et sans le précieux sésame donnant accès au hall, pas d’entrée possible.
Et des vignerons, il y en avait !… Trois cent tables pour les accueillir.
Et quand on sait qu’il n’était pas rare de voir plusieurs vignerons à la même table,
on peut penser qu’ils étaient bien au moins quatre à cinq cent…Les acheteurs aussi étaient là.
Je ne pense pas être loin du compte en avançant le chiffre de 500 entreprises. Des cavistes, bien sûr,
mais aussi des importateurs-exportateurs,
grossistes, courtiers ou autres agents. Et tout ce petit monde issu de différents pays.
Il n’était donc pas rare d’entendre dans les travées parler anglais (œuf corse !), allemand, espagnol, portugais,
japonais ou danois…
Et coté vignerons ? Même combat ! Ils sont venus du monde entier, car il n’y a pas qu’en France qu’on fait du vin bio
(j’écris volontairement « vin bio », même si le terme n’est pas légal, car je veux croire que la loi n’est plus très loin).
Bien sûr c’est la France qui fournit le gros du contingent des présents, mais l’Espagne, l’Italie, le Portugal, l’Afrique du sud,
la Roumanie, et même la Pologne étaient représentés.
Alors on a goûté, regoûté. Craché et recraché. Enfin, pas toujours, parce que quand c’est bon… Oups, c’est avalé.
On a évalué, comparé, discuté… Car le vigneron bio est volontiers disert sur ses méthodes de travail !
Et bien sûr, la fermeture des portes du salon n’arrêtait en rien cette sympathique convivialité. Le off, ce n’est pas qu’à Cannes…
Une oenothèque avait aussi été mise en place afin que les vignerons puissent faire déguster une cuvée de leur choix
mais aussi pour mettre en avant les vins primés du Challenge Millésime Bio 2008.
Cette salle ayant même été agrémentée des splendides photos d’Alain Raynaud, « Monstres des Vignes ».
Et ça ne fatigue pas trop tout ça, me direz-vous ?
Si, bien sûr, un peu… Mais on pouvait s’asseoir! Dans la salle de conférence…
Il y en avait deux au programme.
L’une un peu « pointue », consacrée au vins bios aux USA. Certes, intéressante, mais ne touchant qu’une frange des vignerons.
Ce que l’on peut en retenir, c’est qu’il faut être persévérant face à la législation américaine, quelque peu différente de la nôtre.
Et justement, c’était en partie le thème de la seconde rencontre : « L’avenir de la viticulture biologique ».
On a donc pu apprendre que si un nouveau règlement européen sur le bio est instauré depuis le 1er janvier 2009,
le volet vin, et en particulier la vinification, ne seront légiférés que début 2010, après discussions.
Le comité de pilotage se nomme ORWINE et devrait s’appuyer sur les chartes privées déjà existantes
pour servir de base au texte de loi.
La question qui se pose est : Va-t-on aller vers les chartes les plus draconiennes, ou bien vers celles les plus laxistes ?
La volonté politique de convertir le plus grand nombre aux vertus du bio risque de faire pencher la balance
vers le moins-disant éthique.
Pour ne pas effrayer ou contrarier les hésitants… Vaste débat en perspective !..
Mais il s’agit bien de la crédibilité de la filière qui est en jeu et donc son avenir.
Pour terminer, je ne pourrais m’empêcher de vous conseiller quelques bonnes bouteilles dégustées au hasard des travées…
En blanc sec, le « Tournebride » Sancerre du domaine V.Gaudry, un vin droit et tendre.
En blanc liquoreux, le « Vent Balaguer » Jurançon du Clos Lapeyre, exceptionnel d’équilibre.
En rouge, le « Brises cailloux », Cornas du Domaine du Coulet, dont la matière est déjà bien domptée.
Et pour faire la fête toute la nuit, la gamme des « Zéro pointé » du château « Tour Grise », beaucoup de fruit et peu d’alcool !..
Jean-Marc IMBERDIS
http://levertetlevin.com
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